Bâtons de marche : longueur, poignée, pointe, le bon réglage

Avatar de Julien Cazaux

·

4 min de lecture

Un bâton de marche bien réglé soulage les genoux jusqu’à un quart de l’effort en descente. Mal réglé, il fatigue les épaules et ne sert plus à grand-chose — la différence tient à quelques centimètres et à quelques minutes de réglage avant de partir. C’est un détail que beaucoup de marcheurs négligent en achetant leurs bâtons, avant de les régler une fois pour toutes sans jamais y revenir, quel que soit le terrain rencontré.

La longueur, le réglage qui change tout

Coude plié à angle droit, le bâton doit toucher le sol sans forcer la posture : c’est la règle de base pour un terrain plat. En montée, on raccourcit le bâton de cinq à dix centimètres pour garder l’appui efficace ; en descente, on l’allonge d’autant pour anticiper la pente. Les bâtons télescopiques réglables permettent ces ajustements en quelques secondes, sans redémonter tout le système. Un système à clip externe se règle plus vite qu’un système à vis interne, un vrai avantage quand on change de terrain plusieurs fois dans la même sortie, entre montée, crête et descente.

Carbone ou aluminium

Le carbone gagne en légèreté — un atout réel sur une longue randonnée où chaque geste se répète des milliers de fois — mais casse net en cas de choc violent sur un rocher. L’aluminium pèse davantage mais plie plutôt que de rompre, ce qui le rend plus tolérant pour un usage quotidien ou un terrain accidenté. Le choix dépend surtout du type de sortie : le carbone pour l’itinérance légère, l’aluminium pour la randonnée technique en montagne. Un randonneur régulier du Comminges, terrain qui mélange sentiers rocailleux et sous-bois humides, gagne souvent à choisir l’aluminium, plus tolérant aux chocs contre les racines et les pierres qui affleurent après la pluie.

La poignée, souvent négligée

Une poignée en liège absorbe mieux la transpiration qu’une mousse synthétique et se moule progressivement à la main, un vrai confort sur plusieurs jours de marche. La mousse reste plus abordable et convient très bien pour un usage occasionnel. Dans tous les cas, la forme de la poignée compte autant que la matière : une poignée légèrement inclinée réduit la tension au poignet en terrain vallonné.

La dragonne, mal utilisée neuf fois sur dix

La dragonne ne sert pas à retenir le bâton au poignet comme une simple attache : on passe la main par en dessous, puis on referme les doigts autour de la poignée par-dessus la sangle. Bien réglée, elle permet de relâcher complètement la main entre deux appuis sans lâcher le bâton — un détail qui évite bien des crispations sur une longue descente.

La pointe, à adapter au terrain

La pointe en carbure d’origine mord bien la roche et la terre sèche ; un embout en caoutchouc, à glisser par-dessus, protège les sentiers en sous-bois et les surfaces goudronnées en approche. La Fédération française de la randonnée pédestre recommande d’ailleurs de retirer la pointe métallique sur les portions de sentier partagées avec d’autres usagers, pour limiter l’usure du terrain. Un embout use une paire de bâtons plus vite qu’on ne l’imagine sur les sentiers caillouteux : les vérifier avant chaque grande sortie évite de découvrir, en pleine montée, une pointe métallique qui a percé le caoutchouc.

Un dernier réglage avant de partir

Tester ses bâtons sur une courte sortie avant un grand départ évite les mauvaises surprises de réglage en pleine montée. Pour découvrir où les essayer dans le Comminges, notre rubrique destinations donne plusieurs idées de sorties à moins d’une heure de Salies-du-Salat ; côté sac à préparer pour la journée, notre rubrique conseils de voyage détaille ce qui tient dans un bagage léger.


Avatar de Julien Cazaux

À lire aussi