La vieille ville de Chiang Mai tient dans un carré de moins de deux kilomètres de côté, cerné par les vestiges d’un rempart du XIVe siècle et un fossé qu’on longe à pied ou en songthaew, ce pick-up rouge transformé en taxi collectif qui sillonne toute la ville pour quelques dizaines de bahts la course. Cinq jours suffisent pour en faire le tour sans courir, à condition de ne pas vouloir tout voir. Ancienne capitale du royaume Lanna avant de devenir la deuxième ville de Thaïlande, elle a gardé un rythme que Bangkok a perdu depuis longtemps : on y marche, on s’y perd volontiers dans les sois (ruelles), et le tuk-tuk reste facultatif.
Où poser le sac
La vieille ville, dans ses remparts, met tous les temples majeurs à distance de marche mais s’anime peu le soir. Le quartier de Nimmanhaemin, à l’ouest, offre plus de cafés, de bars et de vie nocturne, au prix d’un trajet en songthaew pour rejoindre les sites historiques. Beaucoup de voyageurs tranchent en réservant deux nuits dans chaque quartier plutôt qu’en choisissant l’un ou l’autre pour tout le séjour.
Jour 1 — La vieille ville et ses temples
On pose le sac dans une guesthouse près de la porte Tha Phae et on part à pied. Wat Phra Singh et Wat Chedi Luang, les deux temples majeurs de la vieille ville, se visitent en une matinée : viharn doré pour le premier, stupa massif à moitié effondré par un séisme du XVIe siècle pour le second. Le dimanche soir, le marché envahit Ratchadamnoen Road d’un bout à l’autre, des centaines d’étals de nourriture et d’artisanat installés jusque tard dans la nuit ; les autres jours, on se contente des étals permanents autour de la porte. Entre les deux temples, une pause s’impose dans l’un des cafés installés dans d’anciennes maisons en teck, à l’ombre d’un frangipanier — le meilleur moyen d’échapper à la chaleur de milieu de journée, qui grimpe facilement au-dessus de 32 degrés entre mars et mai.
Jour 2 — Doi Suthep, au-dessus de la ville
Le temple de Doi Suthep domine Chiang Mai à plus de mille mètres d’altitude, au bout d’un escalier de trois cents marches gardé par des nagas de pierre. On y monte tôt, avant les cars de touristes, en songthaew partagé depuis la porte Chang Puak — comptez l’équivalent de trois à cinq euros l’aller-retour, à négocier avant de monter. La vue sur la vallée, quand la brume de saison sèche le permet, justifie la montée. À l’intérieur de l’enceinte, le chedi doré du XIVe siècle abrite, selon la légende locale, une relique du Bouddha transportée jusqu’ici à dos d’éléphant blanc — l’animal se serait arrêté à cet endroit précis avant de mourir, désignant ainsi le site du temple. L’après-midi, un détour par le campus de l’université de Chiang Mai ou par le jardin botanique de Huay Kaew referme la journée sans reprendre la route de la ville basse.
Jour 3 — Baan Kang Wat, le village des artisans
Baan Kang Wat est le genre d’adresse qu’on ne trouve pas en cherchant « incontournables de Chiang Mai » : un petit village créatif construit autour d’un temple, où céramistes, tisserands et torréfacteurs tiennent boutique dans des maisons de bois posées autour d’une cour ombragée. On y passe une après-midi tranquille, un café en main, loin de la cohue de la vieille ville. C’est aussi l’endroit pour saisir l’artisanat du Lanna, le royaume qui a façonné le nord de la Thaïlande bien avant son rattachement au Siam. On y trouve, pour quelques centaines de bahts, des pièces uniques — bol en céramique tourné devant soi, foulard tissé main — qu’on ne recroisera pas dans les boutiques touristiques du centre. Le trajet, une vingtaine de minutes en songthaew depuis la vieille ville, se combine bien avec une halte au temple voisin de Wat Umong, construit dans des tunnels de méditation du XIVe siècle.
Jour 4 — Marchés et détour dans les collines
Le marché de nuit de Chiang Mai, entre Chang Klan Road et le Night Bazaar, mérite une soirée entière : textiles du nord, laque, argenterie des tribus montagnardes, étals de khao soi — nouilles au curry, LE plat de la ville — à manger sur un tabouret en plastique. Pour la journée, direction les collines au nord, où l’on croise villages Hmong et plantations de thé sur la route de Mae Rim, ponctuée de belvédères sur la vallée et d’échoppes vendant du café cultivé en altitude. Louer un scooter reste la façon la plus simple d’enchaîner ces arrêts, à condition de tenir un permis international en règle — les contrôles routiers thaïlandais ne font pas de cadeau aux voyageurs qui en manquent.
Jour 5 — Derniers pas avant le départ
Dernière matinée pour un massage traditionnel thaï dans une école qui forme d’anciennes détenues, ou pour flâner dans le quartier de Nimmanhaemin, plus jeune et plus café-de-quartier que la vieille ville. On referme la valise en fin de journée : l’aéroport n’est qu’à un quart d’heure du centre, ce qui laisse le temps d’un dernier repas de rue plutôt qu’un sandwich acheté côté embarquement.
Se déplacer sans perdre de temps
Le songthaew rouge reste le moyen de transport le plus économique pour un trajet court dans la ville, à héler comme un taxi et à partager avec d’autres passagers qui montent et descendent en chemin. Pour un trajet précis sans négociation, les applications de VTC locales évitent les malentendus sur le prix ; pour l’excursion en dehors de la ville, mieux vaut réserver un chauffeur ou un scooter à la journée plutôt que d’enchaîner les songthaews.
Le programme en un coup d’œil
| Jour | Étape | Budget indicatif | À voir |
|---|---|---|---|
| 1 | Vieille ville | 15-20 € | Wat Phra Singh, Wat Chedi Luang |
| 2 | Doi Suthep | 10-15 € | Temple de montagne, vue sur la vallée |
| 3 | Baan Kang Wat | 10-20 € | Ateliers d’artisans, café |
| 4 | Marchés et collines | 20-25 € | Marché de nuit, villages Hmong |
| 5 | Nimmanhaemin | 10-15 € | Massage, quartier de cafés |
Ce budget quotidien couvre repas de rue, entrées de temples et déplacements en songthaew, hors hébergement (comptez de 10 à 25 € la nuit selon le confort). La saison sèche, de novembre à février, offre le ciel le plus dégagé pour profiter de Doi Suthep ; entre mars et avril, les feux agricoles de la région chargent l’air d’une brume qui gâche la vue. Avant de réserver, le ministère des Affaires étrangères tient à jour ses conseils aux voyageurs pour la Thaïlande. Pour préparer le sac qui accompagnera ces cinq jours, notre rubrique conseils de voyage détaille ce qui tient dans un bagage cabine ; côté garde-robe, la rubrique mode et beauté propose une valise capsule pensée pour plusieurs climats. Prévoir des vêtements légers et couvrants pour l’entrée dans les temples — épaules et genoux couverts sont exigés à Wat Phra Singh comme à Doi Suthep, des paréos étant prêtés à l’entrée pour les visiteurs pris au dépourvu.







